À travers des histoires de vie déchirantes et joyeuses, des chiffres éloquents ou encore des activités ludiques, nous espérons vous aider à changer votre regard sur le handicap, en particulier le handicap dans les pays en développement, et ainsi franchir le premier pas vers l’inclusion.

Le handicap est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté: les pauvres sont plus susceptibles de devenir handicapés et les personnes handicapées sont parmi les plus pauvres des pauvres. Cette relation peut être considérée comme un cercle vicieux, la pauvreté conduisant à l’invalidité et l’incapacité aggravant la pauvreté.
Handicap International travaille pour que les personnes handicapées et vulnérables puissent mener une vie digne et indépendante.
Handicapé par le corps et pas la société

Les personnes handicapées font partie des groupes les plus marginalisés dans le monde. Elles sont en moins bonne santé, atteignent des niveaux d’étude plus bas, participent moins à la vie économique et subissent des taux plus élevés de pauvreté que les personnes dépourvues de handicap.
EN MARCHE VERS UNE SOCIETE INCLUSIVE
Une société inclusive est un modèle de communauté qui rassemble en son sein, parmi ses valeurs et ses normes, tous ceux qui en font partie de droit. Dans une société inclusive, chacun a sa place, personne n’est moins à sa place que d’autres, en raison par exemple d’une couleur de peau, du genre, du handicap, mais aussi en raison d’une situation économique ou culturelle.

Avec la notion d’inclusion, les frontières sont déplacées et c’est la norme qui intègre les différences et les singularités. Inclure ne signifie pas intégrer les personnes différentes en leur demandant de changer, mais implique plutôt de transformer les systèmes pour qu’ils soient ouverts à tout le monde.


A VOUS DE JOUER !

Devinez quel schéma correspond à la société inclusive !

Exclusion Choisir
Exclusion

Exclusion

Exclusion : Le cercle représente la société. Les membres « bleus » sont à l’intérieur. Ils se reconnaissent comme identiques, ils font partie de la « norme ». Les autres, en orange, sont en dehors de la société.
Intégration Choisir
Intégration

Intégration

Intégration : Tous les membres de la société sont identiques, en bleu. Ils ont dû s’adapter aux normes et valeurs de la société pour en faire partie.
Inclusion Choisir
Inclusion

Inclusion

Inclusion : Tous les individus appartiennent à la même société. Celle-ci a changé de forme pour mieux correspondre aux besoins de tous.
Un combat à mener dès la naissance
La naissance nous projette dans un monde plein de surprises, de joies, d’amour, mais aussi d’obstacles, de limites, de combats et de défis. Certains sont, dès leur premier souffle, mieux armés que d’autres pour relever le challenge de la vie !

La malnutrition, un problème créateur de handicap

Comme ils manquent de vitamines et minéraux essentiels, la croissance des enfants malnutris est freinée. Ils développent des séquelles qui peuvent être invalidantes à long terme. L’issue n’est pas toujours fatale, mais l’impact sur leur qualité de vie peut être dévastateur.

La kinésithérapie, une solution durable !

En complément du retour à une alimentation saine et suffisante, la kinésithérapie est un bon moyen pour que les enfants retrouvent une bonne motricité. Ils peuvent alors grandir normalement.
Guérir avec des câlins !
Pour des enfants malnutris, la guérison émotionnelle est aussi importante que le rétablissement physique. Les mères se distancient parfois de leur enfant malade, et cet éloignement affectif entrave le développement moteur de l’enfant. Il est donc nécessaire de stimuler le lien physique et mental entre la mère et l’enfant via le toucher, les câlins, etc. Les progrès moteurs peuvent alors être très rapides ! Certains jeunes enfants rattrapent parfois plusieurs mois de retard.
Avant de commencer les séances de kinésithérapie, Sabilou restait tout le temps en position couchée. Souffrant de malnutrition, il avait beaucoup maigri et était déshydraté. Trop affaibli, Il ne parvenait pas à s’asseoir. Il avait pourtant déjà 24 mois. Grâce aux séances de kinésithérapie qu’il suit avec sa maman, Badiya, Sabilou pourra bientôt marcher tout seul et jouer avec d’autres enfants. Beau progrès, après quelques séances seulement, il parvient déjà à se mettre debout !

32 millions d’enfants handicapés ne vont pas à l’école

L’éducation inclusive est au cœur du combat de Handicap International.

 
Plus de 32 millions d’enfants handicapés dans les pays à faible et moyen revenu sont privés d’éducation. Ces enfants ont 10 fois moins de chances de fréquenter l’école que les autres et sont plus susceptibles de l’abandonner rapidement. Le handicap est donc un facteur aggravant d’exclusion.
 
Le fait de ne pas avoir accès à l’école renforce la vulnérabilité, le niveau de pauvreté, rend les enfants plus exposés à l’exclusion sociale, à la violence et aux discriminations. Or, tous les enfants, y compris les enfants handicapés, ont droit à une éducation inclusive de base (primaire et secondaire), de qualité et gratuite.
 

Quels sont les obstacles à l’éducation des enfants handicapés ?



1. Les parents pensent que leur enfant n’est pas apte ou qu’il va souffrir de brimades


2. L’enfant n’a pas reçu l’aide technique nécessitée par son handicap (par ex. une prothèse)


3. Les écoles ne sont pas équipées de matériel adapté pour accueillir des enfants handicapés


4. Les enseignants ne connaissent pas les méthodes pédagogiques adaptées


5. La scolarisation des enfants handicapés est très rarement une priorité politique

Idées reçues

Les enfants handicapés sont les plus marginalisés et ils sont également plus exposés à l’exclusion sociale. Pourtant, grâce aux écoles inclusives, on constate que la réalité est souvent bien différente des idées reçues !

Idée reçue n°1 : Les enfants en situation de handicap sont isolés et moqués à l’école.

Réalité : Les enfants et enseignants changent leur regard et deviennent bienveillants.

Idée reçue n°2 :Les parents des enfants handicapés ont peur de laisser leur enfant aller à l’école.

Réalité : Dans une école inclusive, les parents peuvent laisser leurs enfants s’épanouir en toute confiance.

Idée reçue n°3 : Les enfants en situation de handicap ne peuvent pas apprendre, et ralentissent la classe.

Réalité :L’éducation inclusive bénéficie à tous les enfants et s’enrichit de la différence.

Être satisfait de ce que l’on a, de ce que l’on est, et de ce que l’on a accompli est une dimension intimement liée à la notion de qualité de vie.

“Réussir sa vie” ne dépend pas uniquement de la satisfaction de tel ou tel besoin, mais répond plus largement à un sentiment de bonheur et d’accomplissement personnel en lien avec sa propre vision de la vie. Les loisirs et les relations sociales sont un besoin fondamental à combler, comme le fait de se nourrir ou d’être en bonne santé. Et comme les autres, les personnes handicapées aspirent à bien plus que la prise en charge médicale de leur déficience !
Reema est atteinte de phocomélie, une malformation congénitale rare : son pied, implanté directement sur son genou, l’empêchait de marcher sans béquilles. Abandonnée à ses six ans, et recueillie dans un orphelinat, Reema a été opérée : on l’a amputée de la jambe afin qu’elle puisse porter une prothèse. Elle a suivi des séances de kinésithérapie et a appris à marcher avec sa nouvelle jambe.
« Avant, les gens me dévisageaient. Maintenant, ils me regardent

Avant, les gens me regardaient tout le temps. Je n’étais pas heureuse et j’avais une vision très négative de l’avenir. Pendant des années, j’ai regardé les émissions de danse à la télévision, pensant que je ne danserais jamais. Je m’entraîne tous les jours, du matin au soir. Quand je danse, mes frères et soeurs chantent et font de la musique. C’est super. Je suis la fille la plus heureuse au monde. Je vais à l’école, je ressemble à mes amis, je marche comme eux et je danse comme les stars.
Le travail ne permet pas seulement de subvenir à nos besoins. C’est aussi le lieu où nous nouons des relations,où nous discutons, où nous réalisons des choses, où nous atteignons des objectifs qui nous font nous sentir compétents et utiles.

Travailler, à quoi ça sert ?

Participation sociale

Contribution au développement de la société

Indépendance financière

Comment lever les obstacles à l’emploi des personnes handicapées ?

1. Former les acteurs de l’emploi à la démarche d’insertion professionnelle des personnes handicapées

COMMENT ?
Les acteurs de l’emploi sont les premiers interlocuteurs des personnes handicapées qui souhaitent s’insérer sur le marché du travail. Il est nécessaire qu’ils soient formés aux besoins spécifiques de ces personnes : compréhension des déficiences, connaissance des lois, etc.

2. Renforcer l’employabilité des personnes handicapées

COMMENT ?
Un suivi personnalisé de la personne est essentiel. Il passe par une étude approfondie de ses compétences et de ses besoins et la mise en valeur de son profil grâce à un curriculum vitae répondant aux besoins du marché, diffusé largement via des canaux efficaces.

3. Faire tomber les préjugés, créer le lien avec les entreprises

COMMENT ?
Chaque entreprise doit être accompagnée dans l’élaboration d’une stratégie d’inclusion des personnes handicapées. En s’engageant dans la diffusion d’offres d’emploi accessibles, l’entreprise envoie également un message fort aux autres entreprises, en faveur d’un emploi décent pour tous.

4. Organiser la vie en entreprise

COMMENT ?
Les employés de l’entreprise doivent être sensibilisés et formés à l’inclusion des personnes handicapées. Les services des ressources humaines sont un interlocuteur clé dans cette démarche. De même les espaces de travail doivent être aménagés pour la prise en charge des besoins spécifiques.
La formation est la clé pour se construire un métier
Pour beaucoup, créer sa propre entreprise est un rêve et le projet de toute une vie. Et parfois, le choix de l’auto entreprenariat est aussi le seul choix dont on dispose. Dans les pays en développement, certaines personnes handicapées se tournent vers cette solution en raison d’un manque d’opportunités sur le marché du travail et des taux élevés de chômage.

Henriette, couturière

J’ai perdu l’usage de mes jambes à 6 ans après une poliomyélite. Grâce au soutien de ma famille, j’ai su dépasser les moqueries et terminer mes études. Grâce à Handicap International, j’ai bénéficié d’une formation en couture et d’un micro crédit pour commencer mon activité. J’ai beaucoup de clients, je suis une bonne couturière. J’ai souscrit un nouveau crédit, plus important, et j’ai élargi ma clientèle. Je suis heureuse de participer au développement du pays par mon activité.

Grégoire, professeur de braille

J’ai commencé à moins bien voir dès la 1ère année d’école primaire. Avant mes 25 ans, j’avais totalement perdu la vue. J’ai pensé que ma vie s’arrêtait là. J’étais devenu une charge, un improductif, incapable de me déplacer ou de subvenir à mes besoins sans l’aide d’un proche. Et puis j’ai rencontré les bonnes personnes…J’ai pu apprendre l’écriture braille et j’ai reçu un appui financier. Cela m’a redonné un rôle au sein de ma communauté. Aujourd’hui, j’enseigne le braille à d’autres personnes qui comme moi ont l’avenir devant elles !

Indignés face à l’injustice que vivent les personnes handicapées et les populations vulnérables, nous aspirons à un monde solidaire et inclusif, où toutes les différences nous enrichissent et où chacun peut « vivre debout ».